« Je vis avec un mari pervers narcissique depuis 30 ans »

. Vidéo pour reconnaître et contrer les personnes culpabilisantes (marre-des-manipulateurs.com).

Mari pervers narcissique : « comment j’ai fait pour me renforcer au lieu de m’écrouler »


 « Bonjour Mickael,

Très intéressée par votre manière de voir les choses, j’aimerais partager mon expérience de « cible » restée avec son pervers narcissique depuis 30 ans ».

Voici le témoignage de V. :

« Bonjour,

Je me rends compte, après beaucoup de lectures sur les sites spécialisés dans l’aide des cibles de narcissiques/pervers narcissiques, que le vôtre (le site, bien sûr, pas le pervers narcissique !!!) est clair et se rapproche de ce que je vis! Beaucoup conseillent de fuir or je ne réagis pas de la même manière que la moyenne des victimes. J’aimerais essayer d’expliquer comment j’ai fait pour me renforcer au lieu de m’écrouler. C’est une thérapie de l’écrire (les mots soignent les maux) et si cela peut servir à quelqu’un… a moins que je sois définitivement « zinzin », a vous de me le dire sans « chichis »…
Je vis avec un pervers narcissique depuis 30 ans. Je l’ai réalisé il y a 2 mois. Cela m’a assommée, mise en « vrac ». C’est un peu court pour prendre du recul, mais être restée avec un pervers narcissique et en vie, pendant 30 ans m’a permis d’aller assez vite dans la compréhension de la pathologie, de la sidération , du déni qui s’en suit et de la fantastique liberté qu’elle apporte quand j’ai choisis d’arrêter de m’en lamenter.  Cette révélation m’indique que je ne suis pas responsable des malheurs de pervers narcissique ou folle à lier. Quel soulagement ! C’est comme si on m’avait appris, conditionnée, à accepter qu’un autre mette des pierres dans mon sac à dos (laisser les autres se décharger de leur fardeau sur ma vie). Prendre conscience est aussi sidérant que de regarder les tours s’écrouler à New York ou de regarder en direct l’attaque du Bataclan. Je suis tranquille et protégée chez moi, je suis pourtant choquée de ce que je vois et mon cœur se brise. Envahis par la peur, la panique, la colère, la tristesse, je me focalise sur l’évènement, la découverte. Et la joie d’être en vie avant tout ou après tout, revient. L’alourdissement disparait et il est plus facile de s’occuper alors de mes propres pierres (comprendre et résoudre mes problèmes au lieu de m’occuper de ceux des autres) je ne suis pas une sauveuse mais je peux me sauver moi-même sans fuir.

Pour comprendre mon mode de fonctionnement j’ai dû repenser mon comportement avant le déclic. Comme vous dites, chaque pervers narcissique est différent. Je précise que le mien est à 100% un pervers narcissique. 25 années à l’étranger avec des déménagements tous les 3 ou 4 ans, m’ont rendu autonome d’un côté et dépendante d’un autre! C’est l’autonomie qui a primée. Il a bien fallu! Larguée a perpette, enceinte, sans la langue du pays et femme au foyer… avec mes conditionnements et mes croyances j’ai vite déchanté. Mes certitudes n’étaient pas appropriées à l’adaptation dans un pays étranger. Affaiblie et totalement dépendante des retours du travail de mon prince charmant, je me retrouvais toutes nue (sans barrière) et extrêmement fragile. Puis j’ai eu BB et j’ai pris confiance. J’étais 2… Nouveau départ dans un autre pays et nouveau BB… Puis nouveau pays avec 2 enfants à continuellement adapter pour garder une stabilité. Il paye, j’éduque. Je sème, j’arrose, ça pousse, il récolte les fruits. J’étais femme de marin. Je ne voyais pas que j’étais aussi le marin. De ports en ports je menais ma barque sous la direction d’un amiral fantoche. Il était là pour la galerie.
Tout allait bien tant que je ne me plaignais pas. Attention, se plaindre veut dire faire remarquer qu’un truc ne va pas. Aller bien pour un pervers narcissique c’est ne pas penser (ne rien mettre en doute). Pour moi, la « plainte » est une mise en évidence d’un problème. Elle permet d’en discuter et de le résoudre (tout se rejoue toujours).
Le seul hic était (il l’est toujours) son comportement froid et insensible lorsque j’étais malade. Je demandais de l’aide, à quatre pattes devant les toilettes avec des enfants à charge, il partait au boulot ou restait mais pas content du tout.
Je ne vais pas raconter ma vie ici, mais j’aimerais faire comprendre l’importance de la façon dont on peut prendre la chose.
Peut-être ai-je eu la chance d’avoir un mode de pensée spécial… Je remarquais que la colère et les crises de nerfs le nourrissaient alors que je me vidais. Mais plus j’atrophiais la partie hystérique après une injustice, plus je m’en remettais vite.

D’abord, il fallait tenir pour les enfants, puis je n’avais que lui puisqu’il s’arrangeait pour ne pas avoir envie de voir d’autres personnes. Tout en me reprochant qu’on ne sortait pas pour en connaitre… Le truc du « chaud-froid » m ‘a tellement fait tourner la tête qu’au lieu de devenir folle, j’analysais. Objectivement. Sans lui trouver d’excuse, j’analysais mes réactions avant d’étudier les siennes qui provoquaient tant de souffrance en moi. Pour cela, la 1ere fois, j’ai pris un cahier et j’ai jeté sur le papier, en vrac, tout ce qui se mélangeait dans ma tête. Gros « nettoyage à sec »… Puis j’ai appris à survivre avec les réactions de pervers narcissique tout en continuant mes « lessives ». Et plus j’en faisais, moins elles étaient  » à sec ». J’ai produit de la « lessive en poudre » (petits moments de joie) qui nettoie plus vite et même de la « soupline » (le regard bienveillant de mes amis) et cela a adoucit ma vie. Car quand on « vidange », la tête est moins pleine, plus cohérente.

Plus j’analysais, plus je me rendais compte du développement de mon cerveau, plus je voyais celui de pervers narcissique assez atrophié. Cette recherche d’explications est à la fois éreintante et constructive.  La fatigue était le seul moyen pour mon mental de me prévenir.  A travers mon corps, le cerveau que je faisais tourner à plein régime, me disait stop !  Il fallait absolument lâcher prise avant que je « pette un plomb ». J’ai appris à écouter les signes de fatigue physique pour calmer mon mental. Je développais mes facultés sans voir que pervers narcissique n’avait pas toutes les siennes…

Au début mon analyse était pour prouver au pervers narcissique l’injustice qu’il avait provoquée. Ensuite c’était pour le responsabiliser de sa faute. Pris la main dans le pot de confiture, il était penaud, calme et gentil. Mais Les trois quarts du temps, de parfaite mauvaise foi, il n’était au courant de rien. Et il n’y avait jamais de mots d’amour. Rien ne changeait. Même si je n’ai pas reconnu la pathologie, en développant mes capacités d’adaptation, à lui et aux pays, j’ai pris du recul. J’étais actrice en sa présence tout en me voyant spectatrice … je prenais du recul pour voir la scène dans les moments difficiles. Alors, je ne savais pas si j’étais folle ou si cette façon de penser était commune, mais cela m’a sauvé la vie ! Spectatrice en public, je lui laissais la vedette tout en entendant des injustices qui me faisaient de moins en moins réagir. J’étais actrice, au retour à la maison ou, heureux d’avoir brillé, pervers narcissique était « Charmant ». J’ai appris à survivre tout en développant un réseau de vie réelle. Je ne savais pas que la vie « enrobait » mon « malheur de survie » et me faisait devenir forte, grande et entière. Je ne savais pas que le fait d’être contente d’avoir recouvré mon calme sans me venger était plus intelligent que de provoquer un pervers narcissique et finir sur les genoux. J’ai réalisé petit à petit que pervers narcissique n’avait pas la chance de protéger « sa survie » par de la vie.
Il ne savait pas en produire. Il avait besoin de la mienne pour exister.
Il était, est et sera toujours un australopithèque en survie dans un monde primitif et dangereux. Brutal du cerveau, il n’a pas le temps de réfléchir et les sentiments sont inadaptés à la survie. Une perte de temps dangereuse car les émotions sont là pour le tromper afin qu’il perde sa seule ligne de conduite « surveillance hyper vigilante : cacher le vide derrière son ego »…

 C’est rageant tout de même. Retour en arrière jusqu’à la préhistoire : Les « singes-homos » je veux dire, sans jeu de mots « presqu’hommes », n’avaient pas le choix : leur cerveau primitif leur servaient à ne pas mourir. Ils évoluaient dans la peur d’être tués. Encore une fois, ils n’avaient pas le choix. Puis plus ils ont été rassurés, plus ils ont développé une certaine sécurité permettant d’évoluer. Le cognitif (plaisir du raisonnement intellectuel et intelligent) protégeait le primitif. Et vice versa, plus le primitif est rassuré plus on développe le cognitif.  Les émotions joie et tristesse sont nées et se sont ajoutées à la colère et à la peur. L’homme était né ! C’est donc rageant qu’un être humain né dans un pays développé, décide un jour de ne plus compter sur une partie de son cerveau pour ne plus avoir certaines émotions. Son cerveau va « péter » ! C’est comme s’il raisonnait  sans joie, sans tristesse, avec son cerveau primitif (siège de la peur) qui ne raisonne pas. 

Son choix de vie (et le seul possible), est de baser son évolution sur l’insécurité, la peur et la colère. Il ne s’agit pas de notre peur saine qui nous aide devant un danger, ou de la colère qui nous fait avancer. Là c’est la peur ancestrale de mourir et la colère violente qui mène à la haine. Il a forcé son cerveau primitif de survie à raisonner. Impossible ! Et ses décisions sont irréfléchies et brutales. Cà doit être pour ça qu’il n’aime pas assumer ses décisions. Il ne peut pas les justifier. Je réalise, en fait qu’il me laisse les prendre. Cela lui permet de ne pas être responsable en cas d’insuccès, de me le reprocher ou d’en reprendre l’initiative devant autrui en cas de succès… Il a dû griller le cognitif ou c’est malheureusement une affaire de gènes car sa famille est lobotomisée. Il a été élevé par des morts-vivants. Pas d’émotions pas de sentiment. Papa est vide mais le cache derrière une supériorité navrante, maman a été vidée il y a longtemps… C’était des moments en famille très calmes… pas de discussion et le peu de thèmes avancés menait a des phrases toutes faites, incohérentes. Ex: un parent enrhumé dira « il faut bien tousser un peu tous les jours » ou quelqu’un qui casse quelque chose ne le met pas à la poubelle « maintenant qu’il est cassé il n’est plus à moi ». Le père pervers narcissique, très sûr de lui, a conditionné ses enfants (mon pervers narcissique et sa sœur) comme ça. J’écoutais, éberluée et seule à l’être, jusqu’à ce que mes enfants grandissent. Et nous étions 3 éberlués.

Revenons à notre australopithèque; Il n’est pas rassuré et jette les vies qui l’entourent devant lui afin qu’elles indiquent les obstacles et tombent à sa place.
Au début, il protège sa compagne entre ses bras, puis la met derrière car c’est lui le chef,  tant pis si elle se fait « bouffer» par derrière car il ne se retourne pas et enfin, il la pousse devant quand il ne connait pas, afin qu’elle lui indique ou passer. Elle tombe à sa place.
Je ne sais pas comment j’ai fait mais j’ai tout pris comme des expériences. Derrière lui je n’étais pas contente, plus j’essayais de marcher à côté ou devant plus il me repoussait. Alors, je suis restée derrière et enfin de compte, j’y étais bien, tranquille.
C’est reposant quand on suit, on protège « ses arrières » et on profite du paysage, on a le temps de créer, de se trouver des passions, de réfléchir. Propulsée à l’avant, on apprend à gérer ses peurs et on devient « éclaireuse » alors on peut penser être un guide… Montrer le chemin, fort de nos connaissances … Peut-on faire le choix de prendre ou de « mal prendre » ce que l’on vit ?
J’ai pris la vie comme une expérience à partir du moment où j’ai décidé que je devenais responsable de mes actes. Dès que j’ai décidé d’assumer ma vie, j’ai grandi.
Et le plus important maintenant, après le « déclic », est de rassurer le pervers narcissique. Il n’a plus affaire à une faible femme et cela ne changera rien du tout à mon amour pour lui. Quoi qu’il fasse je l’aimerai de façon inconditionnelle donc cela ne sert à rien de pousser le bouchon à me torturer. Je ne partirai pas. Le hic est que j’ai l’impression de rassurer un petit. Il semble être un enfant perdu dans un corps d’adulte. Je crois que sa mère n’a pas fait son « job ». D’instinct, je lui répétais que je n’étais pas sa mère… Je nous voyais mal au lit.  Beurk !
Je lui expliquais pourquoi il n’avait pas d’envie. Pour aucune femme. Je le croyais homo refoulé. Le pauvre, il a affilié toutes les femmes respectables a sa mère et celles qu’il avait dans son lit a des putains. Alors moi, la « respectable » qui va dans son lit, ne l’est plus et finit maman admirable / décevante de ses petits… Vous imaginez comment le peu de tiroirs de son cerveau peut endurer une telle pression incohérente ! Pour lui c’est « j’admire donc j’aime » et « je suis déçu donc je jette ».

Avant le déclic, sans le savoir, j’ai pris du recul sur tout. Ce qui a attiré les femmes d’expatriés perdues même sans un pervers narcissique. Plus elles me demandaient conseil pendant que pervers narcissique était au boulot, plus je me rendais compte de l’importance de la compassion, de la bienveillance. Je me ressourçais le jour. Les interactions et les comportements bizarres de mon pervers narcissique m’ont servis à grandir malgré moi. C’était très dur. Mais quelle récompense de s’entendre dire le jour que j’étais quelqu’un et de bien en plus. Ma faiblesse était celle de vouloir l’entendre de la bouche de pervers narcissique…
Il prenait simplement à son compte l’admiration que les autres avaient pour moi. Au début ça me décomposait, je voulais qu’il soit épaté façon « viens là que je te fasse un câlin ». Hé ben non! Ce n’est pas venu… fallait-il que j’arrête d’évoluer pour autant?

Il a continué ses petites phrases « chaudes-froides-illogiques-blanches-noires-incohérentes et floues » et j’ai continué à analyser pour démêler tout ça… je suis devenue traductrice de « rustre » (je ne savais pas à l’époque que la « pervers narcissic-ologie » existait…).

Plus j’étudiais l’évolution de mon comportement, de mes conditionnements et de mes croyances, plus j’avais l’esprit ouvert. Et plus j’aimais les gens, quel que soit leur niveau social ou leur nationalité. Pas d’amour propre à l’étranger, on prend toute personne ayant envie de papoter. C’était génial. Et je racontais ma journée à pervers narcissique, qui était content que je me débrouille seule et pouvait avoir de la conversation au boulot, en narrant mon évolution grâce à ce qu’il m’offrait de vivre. Toujours pas de câlin bien sûr. Auréolée de ma joie, j’en faisais pour 2, sans voir qu’il n’avait jamais fait le 1er pas spontanément. Alors, je lui donnais des cours de spontanéité, passionnée et fâchée. Il était trop content. Je me disais, chouette, ce soir il va « faire câlin! » Hé ben non. Pendant des années il a répondu à mon « pourquoi tu ne fais pas câlins ? »: « parce que t’en demandes ». Puis quand j’arrêtais un certain temps de demander; « parce que tu n’en demandes pas ». Puis quand j’ai décidé d’adopter son comportement, il a été désagréablement surpris. Je lui ai alors fait remarquer que c’était ce que je voyais tous les jours. Renfrogné, il m’a dit qu’en effet ce n’était pas agréable. Je suis redevenue moi et c’est reparti dans la joie. 2 jours.

Bref j’ai couru longtemps après une démonstration spontanée (autre que la tape sur la tête), qui aurait contenté mon besoin d’affection. J’ai appris à remplir ce « tiroir » vide avec l’affection de mes enfants et la présence de pervers narcissique (c’est en effet le fait qu’il soit là qui prouvait son attachement pour moi). J’ai pris ce que j’ai pu pour avancer entre les vidages d’énergie et les vidanges de cerveau. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Et j’ai repris des études, sous la surveillance peureuse de pervers narcissique qui ne pouvait m’en empêcher. Beaucoup de gens me demandaient de l’aide pour « tenir » à l’étranger pendant que leur mari passait uniquement d’un bureau à l’autre. Je trouvais qu’être calme dans toutes les situations, était bien. J’ai décroché un diplôme de relaxologue puis de sophrologue. Comme tout cela n’était pas sérieux et ne m’empêchait pas d’élever nos enfants tout en tenant les maisons, il a laissé faire. Apprendre à Respirer pour vivre, ne faisait pas peur à pervers narcissique, qui lui, avait un vrai métier d’ingénieur. Puis j’ai commencé à faire des synthèses de petits bouquins des Ed. Jouvence. Des petits thèmes sympathiques qui recadraient, nettoyaient la vie, tel que  » le bonheur ça s’apprend » ou « le bonheur est un état d’esprit », « vivre au positif », « s’affirmer et oser dire non! », « la résilience »… Je me suis régalée et construite avec, tout en les conseillant à toute personne en quête de mieux être. Et je donnais les synthèses à mon pervers narcissique… qui prenait à son compte quelques citations afin de les ressortir au bureau ou bien, il les déviait de leur contexte pour moucher des collègues. Je lui donnais pour ses trajets en avion, seul endroit où il avait le temps de lire, espérant que ça le réveillerait. Il trouvait cela très bien, mais ceci ne le concernait pas…voilà voilà… j’ai trouvé ensuite une formation qui complétait bien la compréhension humaine sans qu’elle ne soit médicale ou thérapeutique. J’ai décroché un diplôme de formatrice (je n’aime pas trop le mot coach) en Développement Personnel. Le vrai Développement Personnel, celui qui a 14 modules à apprendre et qui m’a pris 3 ans et demi pour le réussir.
Et j’ai eu de sacrées bonnes notes qui ont finies de confirmer une bonne estime de moi-même.


En conclusion, je parle de moi plus que de mon pervers narcissique et de ce qu’il me fait car c’est la confiance en moi qui fait que je suis debout. J’ai dévié mon besoin de reconnaissance afin de le combler sous forme d’expérience de calme à toute épreuve, d’altruisme, auprès de mes client(e)s, bien contentes des résultats qu’elles obtiennent seules (avec mes méthodes) et surtout sous forme d’affection auprès de mes ami(e)s.
Leur envie de me voir prouve que je ne suis pas bête et le fait d’être moche ne gêne personne. Car bien évidement, pervers narcissique m’expliquant que je n’étais pas Adriana Karembeu a 23 ans, imaginez mon état a 53 !! Alors, franchement, entre nous, je n’étais pas attirante à 20 ans comment le serais-je maintenant! Je vais vous étonner car la beauté de mes 20 ans avec la basse estime que j’avais de moi a évolué vers un corps flasque et ridé et une bonne estime de moi. C’est une force incroyable qui me permet d’irradier de bonheur et de joie. Je me sens plus belle maintenant qu’étant jeune !

 C’est une excellente manière de vivre heureuse à condition de cloisonner la vie afin que pervers narcissique n’abime que ce que je lui offre en pâture. Il est rassuré et je lui laisse la 1ere place. Je n’en ai plus besoin grâce à lui. Je m’aime bien et j’aime les gens qui me le rendent bien. Nos enfants sont encore étudiants et rentrent souvent car la maison (en France maintenant) est un QG de révisions calme ou je joue avec plaisir les intendantes. L’un veut devenir neuro psy et l’autre ingénieur cyberdéfense. Le pauvre pervers narcissique est en déplacement et rentre 1 fois par mois. Il est en train de changer d’attitude. A la fois jaloux de notre bien-être et fier de sa réussite familiale. Malheureux et seul, (je ne peux pas le suivre partout, je m’occupe de notre maison, jardin, animaux, enfants, parents en fin de vie et clients), il peut, peut-être réaliser ce qu’il risque de perdre car sa vie, sa vitrine publique d’être humain, c’est nous. Il peut aussi aller jouer les victimes auprès d’une autre « joyeuse vulnérable admirative ». Cela voudra dire qu’il ne peut pas évoluer. J’en serais bien désolée mais il a les cartes en main et je suis là.

Merci de m’avoir lu, et pardonnez la forme du texte, je n’ai pas l’habitude d’écrire. C’est un peu long pour un blog et il y a pire ! Je suis entrain d’écrire façon « vaudeville » le soi-disant drame de ma vie. J’analyse de façon imagée l’attitude pervers narcissique et ce que lui apporte la victime. (Le cyborg et l’être humain, la méchante reine de Blanche Neige et son miroir et autre pantin tel Pinocchio dont le nez pousse avec les mensonges de l’autre…etc.)

Je n’oublie pas la chance inouïe de ne pas avoir eu envie de transformer ma colère en haine, en vengeance. Je n’aurais pas pu devenir forte. La colère m’a permis à chaque fois de me réveiller pour analyser le comportement pervers narcissique qui l’avait provoquée, sans jeter l’être tout entier. La tristesse me permet de pleurer en temps voulu afin que je puisse envoyer dans le passé une attitude misérable de pervers narcissique, un mot dévastateur. Peut-être ne suis-je pas « normale », mais ce qu’il dit et ce que j’entends n’est pas la même chose. Il n’est pas heureux quoi que je fasse. Malgré, la violence de ses non-dits ou de ses mots, je retrouve toujours ma joie de vivre. La tristesse permet le deuil de ce que je ne peux pas changer, la colère permet d’agir et la joie permet la bienveillance ».

« Vous avez remarqué que je ne parlais que de moi. C’est la première fois que je parle de moi. Vu qu’il faut se renforcer pour affronter ou quitter un pervers narcissique, je ne voyais pas l’intérêt de trop parler de lui pour l’instant. Cela m’amuse d’employer le « je ». J’ai l’impression de construire une identité.
Le déclic n’est pas vieux et je protège mes enfants, même s’il sont grands. On est tous pris dans sa toile. J’ai pris conscience du piège. Pour l’instant , je me renforce afin de sortir de ce miasme avec mes enfants. Le but étant de nettoyer les lieux sans bouger, sans fuir.
Vous avez reçu un résumé. Je parle plus de lui et de ses réactions de vie dans un écrit de 30 pages. C’est long mais que cela fait du bien de mettre les mots sur les maux et je conseille à toutes victimes d’en faire autant. S’occuper de soi avant les autres.

Peut être que je me leurre mais mon écriture évolue au fur et à mesure que je m’éloigne de la sidération.
J’ai l’impression de faire le deuil de mon aveuglement en mettant des mots sur mes maux et cela me renforce.
Je me sens triste, désolée pour lui, heureuse de ma prise de conscience donc libre et très forte !
C’est fou non ?!

Bien amicalement
V. »

 

Je remercie V. de partager son témoignage sur ce blog.

 

Le Guide Pour Maîtriser les Personnes Toxiques

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14 Comments

  1. sabsabi

    Bonjour et merci pour votre témoignage. En vous lisant, je me suis dit « mais on dirait qu’elle parle de mon conjoint ». Je vais approfondir la lecture de votre blog et vos publications car je crois qu’elles me seront d’une grande aide ! Je dois tenir pour ma fille et ma fille à naître car évidemment, il ne veut pas qu’on se sépare et m’a menacé de me prendre mes enfants (dans son pays d’origine) si je quittais le foyer. Je ne l »aurais jamais cru capable de me dire ça un jou. Je ne sais pas s’il mettra ses menaces à exécution mais je dois tenir 18 années, pour mes filles. Je me sens tellement mieux à l’instant où je termine la lecture de cet article car j’y vois plus clair sur la façon dont je dois m’y prendre si je veux continuer à vivre malgré tout.
    Merci énormément

  2. Mariam

    Je viens de lire les témoignages de ces femmes courageuses, victimes d’un mari pervers narcissique.
    Au mois d’avril 2018 cela nous fera 40 ans de vie commune. .En juin 40 ans de mariage. Le terme qui correspond le plus à ce que je ressentais au fil des années c’est la SIDERATION. Çe n’est que depuis 5 ans ,à force de chercher, de m’interroger que mes yeux se sont decilles et j’ai compris où était le problème et comme vous j’ai passé en revue toute cette douloureuse expérience :inconsciemment je ne voulais pas croire que je vivais sous emprise :je  » n’entendais « pas les spécialistes que je consultais me mettre en garde: ils m’assuraient que le problème ne venait pas de moi,que ma relation avec mon mari était malsaine ….Que ce dernier n’avait de cesse de me mettre la tête à l’envers, (avec les conséquences classiques: depression, tentatives de suicide..En 2016 en maison de santé ma psychiatre a pris une feuille et m’a dessiné cette relation paradoxale et là j’ai eu vraiment peur.J’ai compris qu’il fallait que je fasse le deuil de mes espoirs, la croyance que je pouvais changer mon conjoint , vivre heureuse un jour avec lui.A présent je le vois tel qu’il est :petit, minable,rabaissant sans cesse sa femme pour s ‘élever, un malade. Je préfère avoir retrouvé la vue malgré la douleur qui résulte de cette prise de conscience, je me retrouve ,je suis bien décidée à me reconstruire et surtout apprendre à m’estimer et m’aimer. . Je vous remercie pour vos témoignages qui nous aident à relever la tête et avancer.

  3. Merci ! je suis en train de réaliser que je vis avec un mari pervers narcissique, et cela fait maintenant 6 mois que j’en ai la certitude.
    cela me fait du bien de vous lire, car j’ai encore ce besoin de me sentir confortée par des témoignages comme ceux que je lis sur ce site.
    je suis donc avec un pn, et j’en souffre encore mais j’ai aussi la volonté que cela cesse (ma souffrance) mais je ne souhaite pas le quitter.
    j’ai 58 ans et je n’ai pas d’activité professionnelle
    j’habite en guadeloupe, et un de mes enfants et sa famille est près de moi, cela depuis très peu de temps ! mais j’en suis tellement heureuse ! bien sur mon pn ne le vois pas comme moi !
    je veux essayer de n’être plus aussi troublée par ces « méchancetés d’enfants  » et apprécier la vie et ses bonheurs mais il y a encore un peu de travail à faire sur moi, j’en ai conscience.
    j’accepterai tous les conseils que vous pouvez me laisser pour essayer de mieux vivre en harmonie surtout avec moi et mes enfants.
    je vous laisse car mon pervers narcissique va se lever et il n’aime pas me voir sur l’ordi

  4. Quel soulagement de lire votre texte ! Je vis une relation avec un pn depuis 3 ans. Le masque est tombé il y a quelques jours seulement mais je me renseigne sur ce qu’ est un pn depuis plusieurs mois. Je suis de ces femmes fortes dont les failles liées à une enfance pas toujours heureuse m’ont construites. Ces mêmes failles qu’il a su déceler et dont il s’est servi pour arriver à me piéger. Je n’ai plus le désir de le sauver car j ai bien compris que ce n’est pas possible. Pour autant je n envisage pas la fuite. Est ce de la pitié pour lui, je ne pense pas. Je ne m’explique pas encore pourquoi je nai pas pris mes jambes a mon cou. Certains diront que je suis dépendante affectivement. C’est possible. Mais je le vois tel qu’il est et il ne me fait pas peur bien au contraire. J ai compris l’importance de me réaliser par moi même et de ne pas le laisser avoir la main mise sur tous les aspects de ma vie. Je garde en moi ce qui me rend heureuse pour ne pas qu’il utilise ces instants de bien être contre moi ou pour se remplir. Je lui donne ce que je veux bien lui donner et garde le plus important pour moi. Nous pouvons être bien plus fortes qu’eux. Nous le sommes d’ailleurs !

  5. J’ai l’impression de lire l’histoire de ma vie et enfin de comprendre ce qui se passe, que je ne suis pas folle ou responsable (à part ne pas le quitter), de me victimiser comme certaines personnes me disaient quand j’essayais d’en parler.
    25 ans avec ce mari, aussi en expatriation mais avec des cycles très courts dans chaque pays. C’est ce qui a fait que je lui donnais tjs des excuses mais j’ai tenu pendant 15 ans en m’adaptant. J’ai tjs trouve un bon job en ingénierie, etudie à nouveau un an pour changer de domaine et même si l’instabilité fut très difficile à gérer, j’ai pris ça comme de nouvelles expériences. Au lieu d’être content, mon mari était de plus en plus jaloux jusqu’à m’interdire de parler travail, … et même d’intervenir negativement dans ma compagnie. Il me mettait de plus en plus de bâtons dans les roues jusqu’à ce que je démissionne. C’était plus difficile avec un enfant et je ne comprenais pas qu’il puisse faire ca à la mère de son jeune enfant.
    Et quand il a perdu son job, il m’a rendue responsable. Nous nous sommes installés en Ecosse (pays étranger aux deux), tout était à faire et nous aurions pu construire qch de biens à deux mais ce fut pire. Excuse encore jusqu’à ce qu’il retrouve un job stable. Mais on devait tjs repartir, notre situation financiere est devenue plus tendue. Quoi que je dise, tant qu’il n’e l’a pas processe dans sa tête, il n’en fait qu’à sa tête ou devrais je dire ne fait rien jusqu’à nous mettre en difficulté. Je peux presque prédire à l’avance ce qui nous arrive et notre destruction.
    J’ai accepté, me suis reniee, ai perdu mon indépendance financière, mes economies pour une éventuelle retraite, ma dignité et aurait peut être pu me relever mais ce que je n’arrive pas à gérer c’est son manque de logique car je perds tout repère. Je ne sais plus comment m’exprimer, expliquer les choses. J’ai toujours eu une bonne capacité d’analyse mais je la remets de plus en plus en cause en me disant que comme je suis isolée, je ne peux peut être plus juger correctement. Je suis allee voir un psychiatre après conseil d’un GP car je me suis demandee si j’avais des problèmes mentaux et apres une longue discussion la plus honnête possible, il pense que je ne suis pas depressive, que je raisonne correctement et que le problème semble être mon couple. Malgré cela, je pensais qu’il n’avait pas pu tout analyser et que le problème venait encore de moi à être trop négative.
    Mon mari n’a pas de compassion, pas d’intérêt pour les autres et si j’avais réussi à créer un petit cercle autour de nous les premières années, il est inexistant aujourd’hui car nous n’evoluons pas bien et c’est difficile de partager avec les autres. De plus je vais de moins en moins bien et je me replie sur moi même. Il me répète que tout ça est à cause de moi car je ne suis pas contente. Relation intime, mot gentil et support inexistants, famille, …. je retrouve tout ce que vous avez écrit meme si je ne rentrerais pas dans le détail. Sa maman m’avait dit il y a une dizaine d’annee qu’il était comme son père et que ce serait de plus en plus difficile. Je pense que s’il me voyait mourrir à côté de lui, il n’appellerai pas le médecin. J’ai proposé le divorce à bout d’argument meme si je n’ai pas de plan B et que je risque de perdre ma fille de 11 ans mais il ne veut pas et je n’ai pas la force et le courage de me battre.
    Depuis 3 ans, c’est très difficile car j’ai l’impression d’avoir tout essayé et donc plus d’espoir. Aussi on a besoin de positif pour avancer. Quelquefois, j’ai pitié pour lui et voudrais qu’on s’en sorte. On avait tout pour être heureux s’il l’avait voulu. Je le sens vulnérable aussi mais il me détruit. Et c’est ce que j’ai besoin d’accepter, que le couple que je rêvais ou on pouvait partager et avancer ensemble n’existera jamais. Quelquefois quand je lui explique, j’ai l’impression qu’il m’écoute, que peut être mais non il n’y arrive pas. J’ai encore tenté qch l’année dernière pour essayer de sortir la famille par le haut mais je n’ai eu aucun support. Depuis un an, chaque jour je me bats pour survivre en pensant à ma fille que j’aime si fort pour essayer qu’elle grandisse le mieux possible.
    En vous lisant, je comprends que je ne suis peut être pas mentalement déséquilibrée et que je peux peut être m’en sortir même si j’ai tout à recréer. Comme vous nous l’expliquez, il faut absolument compartimentaliser pour ne plus être affectée. Il faut trouver du travail même si c’est difficile à 52 ans et apres 10 ans off. Aussi, j’ai besoin d’un job qui me permette d’assumer un loyer et une famille afin de pouvoir être en position de force vis à vis de lui même si je devais rester à la maison.Il fast aussi que je garde pour moi le positif et ne pas essayer de le partager avec lui afin que ça reste du positif.
    Merci pour votre message. F.

  6. Bravo pour votre commentaire. Je partage votre opinion. Je vis la même chose depuis un demi siècle. Une forte colère, probablement la première m’a ouvert les yeux et j’ai découvert que je vivais avec un PN. Dans ma tête tout s’est éclairci car j’avais désormais les réponses à toutes mes questions. Je me sens forte, avec certes des hauts et des bas mais je le vois tel qu’il est. Un gamin non fini dans un corps d’adulte

  7. C est bien joli tout ça mais moi je ne comprends pas qu on reste avec un homme qui ne nous aime pas et ne nous aimera jamais car il en est incapable. La peur d être seule. Bcp de femmes préfèrene être en couple et souffrir que d’être seule. Pourtant la liberté n a pas de prix. Et l épanouissement non plus. Ces femmes qui restent souvent ont à guérir de leur histoire avec leur parent qu elles ont voulu sauver sans le pouvoir, attendant le moindre signe d affection etc. Bref un problème de narcissisme. Pour moi ces femmes se complaisent dans ce genre de relation ça leur donne le sentiment d’exister. Pour moi la vie est courte et je suis plus vivante que jamais depuis que je ne suis plus avec ce monstre. Oui cela m a fait grandir et je sais aujourd’hui que plus jamais je ne laisserai ce genre d individu entrer dans ma vie. La vie est bien plus belle sans lui

    • Comment pouvez vous dire une chose pareille, ne nous jugez pas car vous n’y êtes pas du tout.quand on vit vraiment avec un pn on es tétanisé on a un grand manque de confiance en soi que vous ne pouvez imaginer. On ne vit pas on survit, aujourd’hui 31 ans de mariage je revis et pourtant je suis avec lui. la roue à tourne une opportunité m’est tombé dessus grâce à Dieu, je l’ai saisie et j’en profite et je vous promets qu’il ne bouge plus d’une oreille. Je ne peux donner de détails sauf en prive

      • Bonjour
        J aimerai beaucoup échanger avec vous sur votre expérience. Je pense que je peux en apprendre beaucoup et que cela peut m’aider. A bientôt je l’espère.

  8. Bonsoir, est ce que V. à un blog ou une adresse mail pour échanger. Son expérience est si riche et encourageante. Merci. Sophie

  9. Jocelyne

    J aimerais correspondre avec V et SCA discrètement car je suis mariée à un PN depuis 38 ans et vis la même chose .

  10. suite…j’ai fait couple plus jeune avec un Pervers Narcissique mais ne le savais pas…suis partie mais n’avais pas résolu mon propre problème. Ai ensuite rencontré un chouette homme et eu un enfant avec, pour quelques années plus tard le quitter pour un PN avec qui je vis depuis 13 ans…Pas la peine de raconter ces années, les lecteurs de ce site connaissent bien la problématique.
    Moi qui avais pour habitude de fuir, je suis restée. J’ai affronté et continue d’affronter les racines profondes de ma dépendance au PN (enfance). J’analyse, je démonte et je reconstruis. Il y a qq années, il ma fallait deux jours pour me remettre des attaques de PN, maintenant, il me faut quelques heures! Et je ris souvent de voir les grossières ficelles que PN déroule. Je suis d’ailleurs devenue experte es-PN, je les détecte assez vite! Et dans cette société à l’égo hypertrophié, il y a foule.

    Moi aussi, j’ai ma fille, les animaux, le jardin, les amis…l’essentiel et l’essence du ciel, cet ancrage dans le très réel. Je reste. Car il est hors de question que je quitte ce que j’ai mis des années à créer et à construire (mon activité professionnelle est sur mon lieu de vie), cette modeste réussite qu’il n’a eu de cesse de dénigrer pour que je m’auto-sabote, cette réussite qui le renvoie à ses propres échecs (qu’il est incapable de transformer en expérience enrichissante). Par contre, je ne me vois pas vieillir avec lui et devoir prendre soin de lui. Car effectivement, il n’a pas pris soin de moi, bien au contraire. Donc, je vivrai et je verrai.
    En tout cas, chère V., nous sommes effectivement de la trempe des femmes de marins, solides, campées sur nos deux jambes, nous plions mais ne brisons pas. Des héroïnes du quotidien. Je t’embrasse, chère soeur.

  11. Mille merci,V. pour ce partage d’expérience qui m’est précieux puisque je suis dans la m^me démarche, devenue consciente depuis quelques temps. Chaque mot fait écho à ma propre histoire, même si le contexte est différent.

  12. nisrine

    merci beaucoup pour cette lueur d espoir

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